Tract "Touche pas à mes RTT"
L’actuel projet de loi réformant le temps de travail porte de 218 à 235 le plafond de jours de travail par an pour les salariés au forfait, sauf accord contraire conclu dans une entreprise ou une branche. Les cadres n’en veulent pas.
En s’attaquant au « carcan des 35 heures » dans un acharnement idéologique et au mépris des partenaires sociaux, le gouvernement et les députés de la majorité ont pris le risque d’une grave remise en cause des équilibres actuels dans l’entreprise, tant pour les cadres et les autres salariés, que pour les employeurs.
« Touche pas à mes jours RTT » disent les cadres , contrepartie d’un fort investissement au travail qu’ils ne refusent pas, à condition qu’existe cet élément essentiel de l’équilibre vie personnelle - vie professionnelle, les jours RTT permettant respiration et prise de recul. Avec un plafond de 235 jours travaillés par an, faute d’accord collectif, l’équilibre acceptable, patiemment construit entre partenaires sociaux est rompu.
Augmentation des forfaits jours, la CFDT réaffirme son opposition.
Déclaration de Laurence Laïgo, secrétaire nationale : L’Assemblée nationale a porté à 235 le nombre de jours travaillés dans le cadre d’une convention de forfait. Concrètement, cela veut dire qu’en dehors des week-ends et des congés payés les salariés concernés pourraient sacrifier leurs jours fériés.
La CFDT ne s’est jamais opposée au principe du forfait pour certains cadres. Cela leur permet de concilier une activité professionnelle intense avec leur vie personnelle, sous forme de jours de repos. L’expérience montre toutefois que cette organisation du travail se traduit souvent par des amplitudes horaires journalières et hebdomadaires très importantes. Etendre ce système à des salariés non-cadres tout en augmentant le nombre de jours de forfait est inacceptable pour la CFDT.
Le texte de loi « Rénovation de la démocratie et réforme du temps de travail » doit maintenant être discuté au Sénat. La CFDT rappelle son opposition à l’ensemble des dispositions qui concernent le temps de travail parce qu’elles auront pour conséquence d’aggraver les conditions de travail et de vie des salariés. (Communiqué du 8 juillet 2008).
Les cadres au forfait jours ne comptent peut-être pas leurs heures mais ils comptent leurs jours. Et là, précisément, le compte n’y est plus.
Comment travailler plus quand on est déjà à la limite de sa capacité d’absorption de la charge de travail et de stress ? Pour gagner plus ? Comme l’a été la conversion monétaire des comptes épargne temps, la compensation sera vite absorbée dans la rémunération annuelle, fermant la porte à toute autre forme d’augmentation pérenne.
Toutes les études le prouvent : 8 cadres sur 10 ne veulent pas échanger leurs jours RTT contre un complément de salaire. Ils ont bien compris le marché de dupes qui leur est proposé. Ils souhaitent préserver leur équilibre de vie.
Enfin, cette mesure va renforcer les inégalités entre petites et grandes entreprises où existent des accords collectifs et des partenaires pour négocier. C’est la porte ouverte au gré à gré, dans un rapport de force déséquilibré.





