Article publié le Mercredi 2 Juin 2010
Les engagements de la CFDT sur les dossiers actuels.
Edito juin 2010
La crise n’est pas terminée et l’année 2010 s’annonce difficile du fait des incertitudes sociales qui pèsent sur les salariés. Comme en 2009, les militants CFDT vont se mobiliser au plus près des salariés pour les aider à faire face à leurs difficultés. Naturellement notre action sera, cette année encore, en grande partie centrée sur la crise avec trois objectifs : réparer ses conséquences sur l’emploi et les salariés, se préparer pour en sortir plus forts et construire l’avenir en faisant face aux mutations profondes en cours. Les mesures d’urgence obtenues en 2009 doivent être reconduites et de nouvelles garanties mises en œuvre notamment pour les demandeurs d’emploi en fin de droits.
Très attendu, le document d’orientation du gouvernement sur la réforme des retraites, rendu public le 16 mai dernier, a déçu plus d’un observateur. Relativement imprécis, ce texte d’une quinzaine de pages ne permet pas de connaître réellement les intentions de l’exécutif. « Le gouvernement semble aborder la question d’un point de vue comptable, analyse Yves Canevet, secrétaire confédéral chargé du dossier. Et encore, il reste très flou quant aux solutions qu’il envisage. Il évoque notamment le recul de l’âge légal et l’augmentation de la durée de cotisation, mais n’en dit pas plus. De même, il annonce la mise en place d’une contribution supplémentaire sur les hauts revenus et les revenus du capital sans pour autant la chiffrer ni préciser les modalités concrètes d’application. » Pour la CFDT, le dossier doit être abordé de manière beaucoup plus large, en approfondissant notamment la question des solidarités. Il est en effet nécessaire d’identifier les déficits dus à la crise économique actuelle, ceux qui résultent du déséquilibre démographique provisoire lié au baby-boom de l’après-guerre (jusqu’aux années 2030) et ceux qui correspondent à l’allongement de la durée de vie. Selon le rapport du COR d’avril 2010, la crise économique actuelle explique à elle seule près de la moitié du besoin de financement supplémentaire à l’horizon 2020, soit près de 20 milliards d’euros. Ces cotisations manquantes doivent trouver une compensation par de nouvelles sources de financement assises sur tous les revenus, notamment les revenus du patrimoine. De même, le déséquilibre démographique lié au baby-boom nécessite une prise en compte particulière – en augmentant les ressources du fonds de réserve des retraites, qui a justement été créé pour faire face à cette situation provisoire. Face à un gouvernement qui reste campé sur l'allongement de la durée de cotisation et le report de l'âge légal de départ à la retraite, l'intersyndicale CFDT, CFTC, CGT, FSU, Solidaires, Unsa, appelle à une nouvelle journée de mobilisation le 24 juin. Les organisations syndicales CFDT, CFTC, CGT, FSU, Solidaires, Unsa se sont réunies le lundi 31 mai 2010 pour faire l'analyse de la journée de mobilisation du 27 mai pour l’emploi, les salaires et les retraites et pour envisager les suites. Elles portent une appréciation positive sur la dynamique de mobilisation qui a rassemblé les salariés du public et du privé, les retraités, les privés d’emploi, les jeunes alors que les annonces gouvernementales, notamment de reporter l'âge légal de départ en retraite, ont été faites 3 jours avant cette journée. Les organisations syndicales rappellent que : · la remise en cause de l'âge légal à 60 ans est inacceptable et injuste, en particulier elle fait porter les efforts sur les salariés qui ont commencé à travailler tôt et les travailleurs et travailleuses les plus précaires ; · la reconnaissance de la pénibilité est incontournable et ne peut se concevoir à partir d'un examen médical ; · la question des nouvelles ressources reste pleine et entière ; · La situation de l’emploi se dégrade, notamment pour les jeunes et les seniors, nécessitant une autre politique de l’emploi. Les orientations du gouvernement ignorent l'essentiel des exigences formulées par les organisations syndicales. Le gouvernement, avec mépris, a affirmé vouloir maintenir le cap sans prendre en compte la mobilisation des salarié(e)s. Il écarte toute idée d'un véritable débat et distille son projet au fil de l’eau. C'est inacceptable. Le gouvernement reste campé sur l'allongement de la durée de cotisation et le report de l'âge légal de départ à la retraite. Taxation des hauts revenus et des revenus du capital, harmonisation éventuelle entre le public et le privé… autant d’incertitudes et d’inquiétudes sur ses véritables intentions ! Rien n'est joué ! Le projet de loi devrait être présenté autour du 18 juin. L’intersyndicale se retrouvera régulièrement tout au long du processus qui court jusqu’à l’automne. Elle précisera ses analyses, continuera à faire connaître ses propositions et affinera ses mots d’ordre. Elle continuera à convaincre les salarié(e)s que leur intervention est indispensable. Elles décident et appellent les salarié(e)s du public et du privé, les retraités, les privés d’emploi, les jeunes à une nouvelle journée de mobilisation le 24 juin 2010.
J'attends de tous nos adhérents et militants, un total engagement, pour convaincre le plus grand nombre, de participer à la journée de mobilisation du 24 juin 2010. Seule une mobilisation optimale pourra contraindre le gouvernement à écouter ce que nous réclamons.Le secrétaire de l'ISALPIN C. Margottat